
Le mirage du « Treasure Act »
Combien de cris, combien de pleurs, combien de prières avons-nous entendu sur le
web disant : nous voulons le système anglais, nous voulons le « Treasure Act » ! Une
vraie croisade pour libérer, soi-disant le détectoriste de l’hexagone de la griffe de la
loi 89-900.
Mais pourquoi toutes ces lamentations, ces aboiements, pour une loi de 1996 mise
en application le 24 septembre 1997, qui n’est d’autre qu’une version plus poussée et
moderne de notre 716 Code Civil ? Cette loi anglaise ne règle que la propriété des
découvertes fortuites faites en général et en particulier; ainsi qu'une nouvelle
définition du « trésor ». Tandis que l’expression utilisation de détecteur, brille par
son absence dans ce texte.
Alors pourquoi tout ce tamtam ?
Hé bien parce que des faiseurs images d’Epinal ont pendant des années diffusé la
solution miracle dans toutes les tonalités, crié haut et fort sur tous les forums
simplement par intérêt sournois. Les uns pour vendre des détecteurs, les autres
pour faire lire leur magazine et les plus crapuleux pour attirer des détectoristes dans
leurs associations.
Un vrai mirage cette loi !
Normalement tout le monde devrait savoir que le « Treasure Act » n'a rien à voir, au
départ, avec la détection. La détect est simplement un effet secondaire que le
législateur n’avait pas prévu ou sciemment oublié. Car l’utilisation d’un détecteur est
aussi réglementée au pays de sa gracieuse majesté, mais que sur site archéologique!
Le texte anglais n'est pas aussi subtil que le nôtre en France. Il ne tient pas compte
de « l’intention » et de participes présents caoutchoutés du style
« pouvant intéresser… etc. » Il n'y a que trois régions de Grande Bretagne,
l'Angleterre, le Pays de Galles où le « Treasure Act » prend effet, en l’Irlande du
Nord il existe aussi, cependant en version propre! Toutefois en Ecosse, la détect est
interdite, en Irlande aussi.
Mais une partie des archéos anglais ont réagit et au lieu de changer le système qui
commençait à leur pourrir la situation, il préfère utiliser le mouvement et font faire
des prospections inventaires contrôlées, des rallyes intelligents aux détectoristes
anglais etc…. Ils aident, conseillent, soutiennent. Et ils en tirent bénéfice ! Vu dans
ce sens le système anglais, disons en fait l’attitude de ces archéos anglais est
intelligente.
Quelques vidèos
one show metal detecting finds
Sur le fond très intéressant, néanmoins les archéos anglais font aussi la mauvaise
mine !
Avec raison en fait, car lorsqu'on voit que des sociétés (sponsorisées par des
marques) se sont mises en place pour faire venir des centaines de détectoristes
d'outre-atlantique pour faire la pêche, si j'ose dire, aux artefacts, dans des sortes de
grands rallyes, faut quant même être gonflé et se foutre de la gueule du patrimoine
anglais. Surtout que les cow-boys ramènent, comme d’habitude, tout chez eux.. !
Il y aura donc des conséquences à long terme pour endiguer ces dérapages.
Sans parler des petits malins anglais qui font péter un site et déclare la trouvaille
comme trouvée dans le champ du copain, pour mieux partager !
Enfin oubliez s’il vous plait le « Treasure Act » car nous ne sommes pas en
Angleterre, mais dans une autre situation ! La notre ….. et elle n’est pas rose ! Et nos
archéos n’en parlons pas, vu qu’ils ne veulent pas nous considérer !
J’ai déjà plusieurs fois décrit explicitement et parfois en quelques mots notre
situation. Cependant il ne sert plus à rien de ramoner les vielles cheminées de la
détection remplies de suies, avec des explications éclectiques entendues depuis le
début des discussions, mais de considérer les arguments officiels donnés, par
madame Christine Albanel (Ministre de la culture) dans le cadre du dossier de la table
ronde du 21.12.07 comme une réalité explicite de la position des autorités
compétentes françaises.
C’est sur cette base (Realpolitik) que CADES va construire son travail et son avance
en rapport d’autres organisations qui se replient dans des impassibilités incongrues.
Ceux qui veulent nous suivre sont des invités agréables pour prendre le train au
dernier moment.
Jean-Louis Gerlach 13.10.2008